
J’ai toujours été passionné d’astronomie. Les astres, le cosmos, enfin bref, tout ce qui n’est pas sur terre. Surement parce que là haut, dans le ciel, on ne sait pas ce qu’il y a. Bien sur, il y a l’univers, les planètes, et tout un tas d’autres trucs. Quand j’étais gosse –enfin je veux dire, encore plus que je ne le suis encore, je voulais devenir astronaute, parce que j’ai toujours eu envie de toucher les étoiles. Après, j’ai grandi, et j’ai vite compris que ça, c’était un rêve, et que les rêves, c’est pour la nuit. Pas pour la journée, la réalité. Alors il a fallu concrétiser des trucs, faire en sorte de devenir quelqu’un de pas trop mal. J’ai fais des études, oui, mais les études, c’est pour les gens studieux, pour les étudiants. Moi, je n’étais pas ça. J’étais simplement Pierre, celui qui voulait juste toucher les étoiles.
Mes parents m’ont souvent reproché de n’avoir aucune ambition dans la vie. Pas de but. J’en avais un, mais ils ne le comprenaient pas. Alors bon, Papa m’a trouvé ce travail, chez Auchan, vous savez, la grande surface beaucoup trop grande dans le centre commercial Arcade. Oui, je dis beaucoup trop grande parce que c’est moi qui le nettoyais, le magasin. Mon travail était bien trop loin de ce que j’avais prévu pour moi. Le coup du « technicien de surface » -comme on dit pour ne pas dévaloriser la profession, ça ne rentrait vraiment pas dans mes plans. Moi, j’étais attiré par le ciel, parce qu’on ne savait pas ce qu’on pouvait y trouver, et me voilà dans un supermarché, endroit ou toute marchandise qui y entre est notée, fichée, classée et vendue. Pas de place pour le hasard et l’inconnu. Enfin vous voyez, vraiment, le truc aux antipodes de mes aspirations. Un an passa, puis deux, et trois. Jamais trois sans quatre ?
Il y avait cet homme, qui réparait les luminaires du magasin. Pour moi, il réparait les étoiles que je voyais tout les jours. Le Auchan du centre commercial Arcade : mon havre ; ou ciel est toit et étoiles spots lumineux. Et puis un jour, j’ai compris que ce n’était pas vrai ce que je disais, que c’était juste un rêve. Et les rêves, c’est pour la nuit. Alors je suis monté sur son échafaudage et j’ai essayé d’éteindre les étoiles. Nan que dis-je, d’éteindre les spots lumineux.
