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Cinq mois sont passés depuis la sortie du documentaire “Women are heroes” signé par le photographe JR. 

Le parisien se lance dans la photographie en 2000, capturant des grapheurs en action. Mais bientôt l’artiste investi à son tour les murs de la capitale. Ses photos sont partout dans Paris. Sa marque de fabrique est née : une ingénieuse combinaison de photographie et de street art. 

Mais JR n’en reste pas là. C’est en effet quatre ans après ses débuts qu’il commence à se faire connaitre à travers son projet “28 millimètres”. 2004 c’est le désolant temps des émeutes en banlieue, accompagné de celui de la peur de ses habitants et de leur diabolisation par pouvoir et médias. JR réalise alors des portraits de ces jeunes de banlieue ; photographies qu’il colle sur les murs des cités et qui investissent bientôt la Maison de la Photographie ainsi que le parvis de l’Hotel de ville de Paris. Les gens parlent et tant mieux ! Les amateurs de son travail découvrent alors que JR est photographe mais surtout activiste. 

Activisme que l’on retrouve dans son troisième opus “Face2Face - Israelis and Palestinians” en 2007. Malheureusement d’actualité depuis la création d’Israël en mai 1948, le conflit israelo-palestinien devient à son tour sujet des clichés du photographe. JR capture ainsi Palestiniens et Israéliens de même profession et en placarde le résultat “Face2Face” de chaque côté du lamentable mur de séparation de la ville trois fois sainte. A travers son travail, JR fait du bruit et prouve que l’art a sa place dans le combat géopolitique. 

C’est enfin un an plus tard, en 2008, que “Women are heroes” débarque sur la scène culturelle. Dans ce dernier opus, JR photographie des femmes dans des zones conflictuelles telles que le Liberia, le Sud Soudan ou encore le Kenya. En cela, le photographe pose la question de la situation des femmes -trop souvent passée sous silence- dans les zones ou règne la guéguerre masculine. C’est en aval que le film du même nom que le projet naît. JR passe alors derrière la caméra pour montrer les différentes étapes de la réalisation de son projet. On reproche alors à l’artiste un certain narcissisme. Le projet de JR est en effet du documentaire de JR. Mais les critiques ne sont pas fondées pour autant. L’humilité transparaît nettement dans le documentaire qui se révèle alors être à l’image de son réalisateur. Nom inconnu, visage caché, derrière chapeau et rayban clubmaster, les interviews de JR se font rares. Tout comme le réalisateur Terrence Malik, JR est l’un des rares à avoir compris qu’associer son image à son travail n’apporte rien à ce dernier. Bien au contraire. Ainsi dans la réalisation du projet comme du film, on s’aperçoit vite que JR donne avant tout la parole aux sujets de ses photos, des femmes extraordinaires à qui on a trop souvent dit de se taire et qui pourtant en ont entre les jambes. JR nous montre en effet des héroïnes qui dans leur investissement pour leur ville tentent de réparer les dégâts des conflits dégagés par les hommes et dont les dévastatrices conséquences, elles, sont aussi pour les femmes.  

Bref, “Women are heroes” en met plein les yeux mais aussi plein les oreilles à ses spectateurs. Un beau mariage entre street art et septième art, et un réalisateur dont le parcours artistique est à suivre. 

  7:56 am  |   juin 25 2011   |  1 note  

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  2. premiersymptomes a publié ce billet
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