Premiers symptômes

L'esprit, ailleurs, semble tout ignorer des trottoirs que j'accoste.
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Au bal masqué.

69 année érotique disait Gainsbourg à nos aïeux. 43 ans ont passés, et aujourd’hui, de nombreux médias titrent « 2012 année politique ». Les élections approchent à mesure que Marine nous rattrape ; une sorte de course perdue d’avance, ou personne ne semble croire au potentiel présidentiel d’un capitaine de pédalo ni à la transformation d’un président noyé dans des promesses non tenues*. Il y a quatre ans la prêtresse de la génération non-non tire déjà la sonnette d’alarme avec sa chanson Marine, et aujourd’hui, près de 20% des français sont prêt à glisser dans l’urne un scrutin pro FN. Douce France ou es-tu passée ?

Personne ne semble plus croire en nos politiques, et pourtant près de 16 millions de personnes en pantoufles devant leur poste Dimanche soir. Encore plus que lorsque DSK nous parle de ses histoires de cul sur TF1. 14 millions quand même. Les politiques promettent, ne tiennent pas, et nous on en redemande. Qu’on les croit ou non, qu’on les adule ou qu’on les déteste, on en veut encore. Une certaine ambiance masochiste dont les médias se servent à merveille. Les élections font perdre la tête aux politiques comme aux journalistes, bienvenue dans le monde du marketing politique. Si dans les année 50 c’était encore un truc d’américains, le marketing politique se banalise en France en 1965 lors de la campagne présidentielle qui fait réélire De Gaulle. Avec le temps, notre télé comme nos ondes sont envahies par un étrange monstre qui jusqu’alors ne semblait viser qu’une minorité d’intellectuels : la politique.

Si avant le mariage de la télé avec la politique c’est le peuple qui devait se déplacer vers l’info, il suffit aujourd’hui d’appuyer sur le bouton rouge de la télécommande et même de cliquer, pour voir, commenter, mais surtout se laisser bercer -et berner par la douce voix de nos très chers politiques. L’économiste Agnès Verdier-Molinié parlait hier soir chez Frédéric Tadei des hommes politiques comme d’êtres que le peuple ne croient plus. Et pourquoi ? Tout simplement parce que jamais ils ne reconnaitront leurs erreurs. L’échec semble devenir un tabou duquel il ne faut surtout pas parler, sans parler de le reconnaître. La politique fantasmagorique de 2012 masque ce qu’elle rate. Dommage, parce qu’admettre ses erreurs auraient peut être aidé Sarkozy à ne pas avoir la plus mauvaise réputation des présidents de la Vème république. Finalement, les promesses politiques c’est comme la pornographie dans les années 70, on en fait de plus en plus et le public, lui, se fait de plus en plus de films.

* Les promesses envolées du président sont dans Causette #21, rubrique On nous prend pour des quiches. 

  1:57 pm  |   février 2 2012   |  2 notes  

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