Premiers symptômes

L'esprit, ailleurs, semble tout ignorer des trottoirs que j'accoste.
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Astropolis nous réchauffe cet hiver.

Festivaliers estivaux pro-Astro j’espère que vous avez ouvert grand vos oreilles brestoises ce week end. On connaissait Astropolis l’été ; on en voulait plus ; Astropolis l’a fait. Du 14 au 22 Janvier le plus vieux festival de musique électronique français a remis le couvert à Brest.

Ce Vendredi, les amateurs de Techno avaient chopé leur place pour le Vauban, ou Radio Slave, “un des godfathers de la scène électronique” selon les organisateurs, était attendu à trois heures. Mais a 20h30 la nouvelle tombe, Matt Edwards est coincé à Berlin, “kidnappé par la Fashion Week”, avion raté. Le parisien Clement Meyer le remplace. Mais avant Meyer, il fallait surtout être au Vauban pour Arno Gonzalez. Le dj Set du français embaume le Vauban d’un air électro minimal. Derrière lui, un des membres de Scouap -groupe de vidéoplasticiens rennais, habille une série de toiles blanches de peinture. Luminosité minimum, on croit que l’artiste peint noir sur blanc. Mais Scouap c’est avant tout une obsession pour la performance vidéo, une recherche constante dans le développement des technologies. Alors quand le jeu de lumières psyché vient donner des yeux au son de Gonzalez, on découvre en fait que l’artiste posté derrière ce dernier peint avec des paillettes. Scouap a permis le temps d’un Dj Set de rendre l’électro féerique. Drôle d’association, mais putain de sensations.

Meyer prend le relais, devant un public déjà bien attaqué. Malgré son renom certain en matière de Techno musique, son DJ Set n’a lui rien de fantastique, et au bout d’un moment a même fait mal aux oreilles. Ces dernières bouchées, je chope les clés de l’appart manger des pâtes sur le sol de la cuisine, en silence. Parfois il vaut mieux.

Le lendemain, réveil dans un appartement qui ressemble plus à un terrier qu’à un habitat humain. Tout le monde sait ici que ce soir ce sera Nicolas Jaar. De quoi bien commencer la journée. 17H30 direction le centre d’art Passerelle pour certains. Une Galerie ou pendant trois heures le son s’écoute en silence ; chacun son casque, chacun sa fréquence. Un concept prometteur en pleine expansion. On regrette seulement le nombre de casques insuffisant. Mais à qui savait attendre l’apéro-en-silencio ouvrait ses portes.

Si fin Aout c’est sur le toit de la Carène qu’il fallait être, Samedi 22H30 -température oblige, c’est en bas que ça se passe. Nicolas Jaar -la tête d’affiche de cette première édition d’Astropolis hiver, prend place sur la scène de la Carène. Il est un peu trop tôt, et beaucoup prédisent un live très calme. Arrivés sur place, nos prédictions n’étaient que de vastes tissus de conneries. Ceux qui s’attendaient à retrouver l’ambiance du premier album de Jaar, Space is only noise, ont du être déçus. Car le jeune homme, trésor de la musique électronique New-yorkaise, a ouvert les hostilités de ce Samedi comme il se doit. Un live entrainant, mais toujours à la Nicolas Jaar. Fluide.

23h45 fin de Jaar, pèlerinage massif vers le bar. Plus tard dans la nuit, le français Massayef et l’américain Francois K continuent à enflammer la Carène. Vue surplombante des balcons ; on a l’impression d’être 15 000 000, on se dit que c’est d’la balle, et que Astro winter ne s’est pas foutu de nous. Astro n’est pas seulement bon à écouter, il est beau à regarder. Une sorte de femme parfaite. Des écrans géants sont placés derrière les artistes, et des énormes boules disco ornent le plafond. Seul point négatif, la fin du DJ set de Francois K qui nous assomme de Dubstep. Plus tard on comprend ce choix surprenant. L’artiste voulait faire de son set une sorte de revue de ce qu’est la musique électronique aujourd’hui. Dubtep oblige.

4 heures, la Carène s’apprête à fermer ses portes. La fatigue ne se fait pas sentir. En même temps, comment être fatigué après s’être pris une grosse claque? Mouvement vers la Suite, boite de nuit qui a pour seul avantage d’être en face de la Carène. On espère seulement que Club Cheval sera à la hauteur des artistes de la Carène. Arrivée à la Suite, j’ai comme oublié la grosse soufflante prise avec les trois artistes précédents. L’ambiance redescend, et c’est moi qui ai envie de mettre des claques. Aux platines, Stereoheroes. un son gras et assourdissant qui fait un bordel plus hasardeux que motivant. L’ambiance est quand à elle très bizarre. Un étrange mélange de nighclubbers habitués de la Suite qui ont les bras en l’air même sur du Guetta, de Kids complètement ravagés et d’ex public de la Carène. A vingt ans, pour la première fois de ma vie j’ai le sentiment d’être trop vieille. L’attente de Club Cheval commence à être longue.

Une petite heure plus tard l’attente a payé. Sam Tiba et Canblaster, deux des mecs de Club Cheval, retournent la boite. Les tracks s’enchainent, on entend du Brodinski et du Gesaffelstein. C’est dans une ambiance survoltée que cette première édition d’Astropolis hiver s’achève. Le jour se lève à mesure que mes yeux se ferment, avec simplement une question en tête : a quand la deuxième édition?

  5:33 pm  |   janvier 23 2012  

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