
En 2007, Ariana Huffington créer le site d’informations “The Huffington post”. Aujourd’hui, il supplante le New York Times et sa créatrice -avocate et non journaliste, il faut le signaler, est en passe de conclure un accord avec Le Monde. Internet bouffe la presse écrite. Aspirant à devenir une grande journaliste depuis ma tendre enfance, je me rend donc aujourd’hui à la cantine numérique rennaise des Champs Libres ou Bertrand Rault, délégué régional de France Télévisions animait une conférence: “Vers la fin des médias?”. Autrement dit, ne sommes nous pas en train d’assister à la mort de nos médias traditionnels ?
Personne n’est sans ignorer l’emprise croissante qu’a internet sur nos vies depuis les années ‘00. Internet démocratise et facilite l’accès à l’information. S’il est plus aisé d’y accéder, il est aussi plus facile de la faire. Monsieur tout le monde devient un journaliste. La révolution de l’information est en marche. Une révolution qui selon Bertrand Rault « n’est qu’une vaguelette par rapport au tsunami qui nous attend ». Tsunami car les nouveaux médias explosent, et ceci est exponentiel. Blogs, tumblr, sites web, réseaux sociaux, bref la toile s’étend et n’a pas fini de se tisser. Devons nous en avoir peur ? Quel est l’avenir du journalisme papier de demain ? Aucun, si l’on en croit les prévisions. En effet on prévoit dans notre pays la fin du journal papier pour 2023. Bye Bye le cliché parisien du journal black and white accompagné de l’expresso-clope et bonjour tablettes électroniques et journaux numériques ! Le journaliste de demain devra avant tout être « technologique » et ce en raison de la prise de pouvoir de la forme sur le fond. Comme l’a dit le délégué régional de France Télévisions, « on demande aux journalistes de savoir écrire, et bientôt on leur demandera de savoir dessiner ».
Le milieu journalistique utilise des mots bien compliqués pour tenter de nous expliquer cette mutation médiatique. On aurait en effet un open source engendrant infobésité, le basculement de la logique de push vers une logique de pull et ceci à cause d’une désintermédiation de l’information. Tout ça pour simplement dire que la multiplication des sources a provoqué un surplus d’informations et que si avant le lecteur était poussé vers l’information, il est aujourd’hui attiré par elle. La faute à la disparition d’intermédiaire entre l’info et le lecteur. Le journalisme papier est mort, vive le nouveau journalisme. Désormais, peu d’enquêtes et beaucoup de participation. Que reste-t-il alors au journaliste traditionnel ? Uniquement ce qu’on appelle dans le jargon la curation. En effet la collecte, l’enquête et l’analyse n’appartenant désormais plus seulement au journaliste, il ne reste donc plus à ce dernier qu’à trier, hiérarchiser et vérifier. La profession se déprofessionnalise et se voit concurrencée par le grand public. Et même devancée ! Smartphone + twitter = immédiateté de l’information. Le journaliste n’est pas arrivé que l’info est déjà diffusée.
Et puis on nous dit souvent que tant qu’il y aura des journalistes, la démocratie brillera. Mais à l’heure d’aujourd’hui, temps ou tout le monde devient journaliste et ou le journaliste traditionnel n’apparait plus comme étant nécessaire, que devons nous penser de notre démocratie ? Selon Bertrand Rault, la révolution médiatique est à placer dans un contexte de révolution marxiste. Les moyens médiatiques de production et de distribution ont en effet été conquis par ceux qui en étaient privés ; autrement dit par le grand public. Un élan démocratique, certes. Mais un élan propagateur d’erreurs aussi. Internet est une donnée inquantifiable, alors comment la contrôler ? Les modérateurs suent à grosse gouttes pour le faire au maximum. Mais cela ne suffira jamais.
L’évolution, la mutation technologique et par conséquent médiatique que nous sommes en train de vivre me fait résolument peur. Cependant, la nier reviendrait à refuser le monde dans lequel on vit. Les journalistes se complaisent déjà assez dans le dénie de cette révolution. Alors moi qui ai toujours voulu travailler dans la presse papier, je me pose actuellement une seule question : les médias traditionnels auront-ils le temps de s’adapter aux nouveaux médias, ou notre journal papier va-t-il lamentablement crever ? Pour ma part, j’espère dans les dizaines d’années à venir encore me surprendre à regarder mes doigts, noircis par le contact d’un bon vieux canard.
