Le temps est la faille de chacun, elle rappelle o combien l’éternité n’existe pas. Il passe autant que nous grandissons, mais ne se passe jamais de nous rappeler que le notre ne sera jamais toujours rose. Conception bien différente de celle que l’on a étant enfant : utopisme et insouciance. Puisque le temps passe, il emporte ces douces convictions avec lui. Parce qu’après y’a eu l’école ; on y apprend que la théorie marxiste d’une société communiste est une utopie. Maintenant on sait ce qu’est une utopie, et bientôt, on se rendra compte que penser que la vie est un long fleuve tranquille en est une. Le temps à emporté l’enfance. Les convictions de chacun deviennent toutes autres : avancer avec le temps n’est plus aussi facile.
Enfants nous avons tous connu des poussées de croissance, qui nous ont fait grandir parfois plus vite que prévu. Adultes, notre taille ne bouge plus, et ce qui nous fait grandir parfois plus vite que prévu sont les coups durs. Malheureusement, le temps emporte parfois bien plus que notre enfance. On en sort peut-être plus fort. Réflexion utopiste ?
“Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : ” Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d’effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible,
Le plaisir vaporeux fuira vers l’horizon
Ainsi qu’une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.
Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !
Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or !
Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.
Tantôt sonnera l’heure où le divin Hasard,
Où l’auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! ”
Charles Baudelaire, Les fleurs du mal.
