Premiers symptômes

L'esprit, ailleurs, semble tout ignorer des trottoirs que j'accoste.
→ Questions et requêtes
Fred Le Chevalier



Les Parisiens ont pu croiser ses dessins au détour d’une rue du 18ème. Le dessinateur Fred Le Chevalier rassemble tout son petit monde de personnages et monstres hybrides dans une trilogie de livres. «Premiers livres» sort le 15 novembre et à cette occasion, Fred le Chevalier fixe un rendez-vous à 18H30, à l’habitat-concept parisien L140 pour le lancement. Cette compilation de dessins ou l’on retrouve les personnages collés par l’artiste dans les recoins de Paris permet une immersion dans l’univers de cet originaire d’Angoulême. Ses réalisations rappellent que poésie et street-art font plutôt bon ménage. En parlant d’Angoulême, Fred Le Chevalier y expose à partir du vendredi 9, à la galerie Chez Cax. 

  1:19 pm  |   novembre 21 2012   |  1 note  

Franck Pellegrino


Sur le papier comme sur l’asphalte, Franck Pellegrino dessine. Il se lance dans l’illustration à quatorze ans, quand son grand frère, une bombe de peinture à la main, lui fait découvrir le graffiti. Grapheur puis illustrateur, Franck Pellegrino empile les projets et jongle entre les supports. On entend parler de lui quand il dessine pour le beatmaker Myth Syzer ou encore avec son projet Welcome to the jungle monté avec le graphiste Tyrsa. De là, il commence à tatouer ses potes. Depuis, cette passion ne l’a pas quitté. Comme les murs qu’il tague, ses tatouages ne passent pas inaperçus. On y retrouve les traits entremêlés de détails et les lettres travaillées qui ont fait son style. Aujourd’hui, Franck Pellegrino est installé rue Durantin et rejoint ainsi Jeykill et Veenom du salon de tatouage Bleu Noir. Un poil stakhanoviste -et tant mieux-, l’artiste touche à tout expose du 20 décembre au 15 mars dans son nouveau fief. 

  1:14 pm  |   novembre 21 2012   |  1 note  

PHENÜM


Crédit photo: Yves Quéré 

Ce jeune label éclectique français est une histoire de collaborations et de passions. Créé par le brestois Julio Ificada, le collectif conçoit des sapes autant qu’il organise des soirées. On retrouve Phenum comme partenaire des Crabe Cake rennaises et des nuits Mah! de Montpellier, ses tee-shirts, hoodies et autres snap backs sont conçus par plusieurs graphistes et vendus en série limitée dans différents shops français. Le maître-mot du label: il n’y a pas d’autocensure qui tienne. Sur leurs tee-shirts donc, des motifs percutants. Leur logo -un prisme- reflète finalement ce qu’est Phenum: un point de rencontre entre différentes influences, crossover de passions telles que l’art, la fête, la musique et la mode. Sinon, le 28 décembre prochain Phenum fête ses trois ans à Brest, en compagnie du festival Astropolis. 

  12:58 pm  |   novembre 21 2012  

Déconstruire pour reconstruire l’imaginaire.

Il s’appelle Fabrice Hyber. Il est vendéen, il est artiste. Son œuvre est hybride, fascinante, construite et surtout inclassable. Jusqu’au 7 janvier, c’est au Palais de Tokyo qu’il expose. Matières premières est un parcours, une immersion au cœur de la mémoire et du souvenir, dans lequel le visiteur contemple autant qu’il agit.

Une fuite dans l’imaginaire ou dans l’art, c’est produire du réel, créer de la vie, disait le philosophe français Gilles Deleuze. Au Palais de Tokyo, Fabrice Hyber analyse, décortique, peint et inscrit le trajet menant à la production d’une idée. Une immersion au cœur d’une réalité reconstruite, ou les repères traditionnels du visiteur sont bousculés. Hyber amène un regard différent sur ces petites choses qui font la vie. Dans une des salles de Matières premières, des perruches piaillent dans leur cage comestible. Elles mangent leur habitat mais ne s’en échappe pas. Intelligente démonstration qui prouve bien que lorsque les conditions matérielles permettent à l’être vivant de survivre, la fuite il ne cherche pas.

Après une promenade parmi des draps blancs graphés au rythme des idées passant par la tête de l’artiste vendéen, direction la douche. Multitude de fleurs fraiches déposée la veille du vernissage de l’exposition sur une structure métallique. Volume floral qui à mesure que le temps passe se compresse, pourri et dégouline parmi les trous de la structure aux allures de douche. Accumuler beauté et pureté est inutile, de toute façon ça finira par sentir l’évier bouché. 

Pour Francis Hyber, il n’y a ni évidences ni codes qui ne puissent être réinventé. Pour le prouver, le plasticien créer les POFs, Prototypes d’Objets en Fonctionnement. Parmi ceux-ci, le ballon carré. L’artiste ré-imagine la fonction des objets du quotidien. Dès lors, pourquoi un ballon devrait-il être nécessairement rond ?Expérimenté dans les contrées sud américaines ou le foot est roi, le «Football carré» séduit. Renversement des règles, le public est au centre, les équipes au nombre de 4 et les buts situés dans les coins. Les murs sont des écrans, permettant de voir ce qui se passe derrière sans se retourner. Spectateurs et joueurs sont attendus les mercredi au Palais de Tokyo, pour apprivoiser un nouveau foot, ou le but n’est pas de marquer entre deux poteaux, mais de fourrer une balle carré dans un coin. 

Encoreplusdefabricehyberici »http://hyber.tv

  11:54 am  |   novembre 1 2012  

Douceur parisienne .

Il y a de ces lieux que tu voudrais ne garder que pour toi. Je connais une cave qui en fait parti. Une de celles trop étroites et ou il y fait trop chaud. Mais surtout une de celles ou tu y écoutes du bon jazz.

Les Lundi et Jeudi, la Cave du 38 riv accueille expérimentés et pro mordus de jazz pour un « bœuf sauce piquante ». De 20 heures à minuit, une large partie du public prend son instrument. Contrebassistes, pianistes, batteurs, saxophonistes et autres souffleurs s’enchainent. Bonheur sonore. Quand au lieu, il est à l’image de ses propriétaires ; accueillant et décontract’.  On y reste trois heures en pensant n’y être que depuis une, on y boit à prix raisonnable en écoutant du Davis. Bref, y aller le lundi soir, c’est commencer sa semaine avec un petit goût sucré dans la bouche.  

  5:58 pm  |   octobre 26 2012   |  1 note  

Traces d’un passage au journal Libération #4

CRITIQUE | 19 avril 2012

Le mobilier urbain graffé s’invite en galerie

Par MORGANE LE CAM

A Paris (10e), 140 m2 présentent le travail d’une vingtaine de graffeurs, reconnus comme inconnus.

DR

140 m2 dédiés au graffiti. Depuis le 9 mars et jusqu’au 30 juin, la galerie Wallworks, rue Martel, à Paris (10e), accueille une exposition collective autour du mobilier urbain. Avec Ne pas effacer, le galeriste Claude Kunetz présente le travail d’une vingtaine de graffeurs, reconnus comme inconnus.

Une exposition hétéroclite qui permet de mesurer l’actualité du street art, discipline dont le nombre de pratiquants et d’amateurs ne cesse de grandir. L’occasion aussi de se convaincre que l’art de rue, aussi spontané soit-il, n’en est pas dénué de sens.

La peinture rose dégouline le long d’une cabine téléphonique vintage, réinventée pour l’occasion par le graffeur à la redresse Kongo. «Chaque œuvre a son histoire», souligne Claude Kunetz. Pour cette cabine, c’est celle du téléphone rose, né dans les années 1980. Une invention mise en scène avec brio par l’artiste, qui rappelle à tous les hermétiques au street art que la démarche artistique n’est pas réservée aux arts conventionnels.

Si, aux premiers temps du tag, les artistes avaient pour seul matériel une bombe de peinture pour voitures, ils jouissent aujourd’hui d’un matériel spécialisé, qui permet aux tag de gagner en teintes. Au sortir de la galerie Wallworks, c’est cette profusion de pigments que l’on garde en tête.

Nebay a découvert le tag à 13 ans. Ses premiers graffitis ont surgi quand il en avait 15. Depuis, en marge de son travail d’animateur de quartier et d’éducateur, il n’a jamais cessé de graffer. Et pas qu’en 2D. La peinture acrylique dont use l’artiste français donne encore d’avantage de relief au mobilier urbain exposé par la galerie Wallworks.

Quand à Tilt, grapheur toulousain, il délivre sur une porte un message que certains ont encore bien du mal à accepter: «Enjoy your public domain» (Profitez du domaine public). RATP, SNCF et municipalités n’ont qu’à bien se tenir.

  8:59 am  |   avril 21 2012  

Traces d’un passage au journal Libération #3

17 avril 2012

Philippe Katerine refait sa plastique

Par MORGANE LE CAM

Sculpture réalisée par Philippe Katerine exposée à la Galerie des Galeries, à Paris. - DR

Depuis le 4 avril et jusqu’au 2 juin, la Galerie des Galeries, boulevard Hausmann à Paris (9e), donne carte blanche à Philippe Katerine. L’occasion de découvrir une autre facette de ce chanteur, acteur et réalisateur imprévisible et inclassable. Pour sa première exposition, intitulée Comme un ananas, ce plasticien de formation crée un parcours initiatique où ses dessins deviennent sculpture puis histoire. Philippe Katerine y prolonge son introspection et interroge sur les apparences. Et, comme à son habitude, étonne et intrigue.

Génie pour certains, imposteur pour d’autres, le chanteur Philippe Katerine connaît le succès en 2005 avec son huitième albumRobots après tout et ses tubes 100 pour 100 V.I.P. et Louxor j’adore. Il s’essaie ensuite au cinéma dans les films de Philippe Ramos (Capitaine Achab), Joan Sfaar (Gainsbourg, vie héroique), et Thierry Jousse (Je suis un no man’s land). En 2007, il publie son premier livre, l’enthousiasmant Doublez votre mémoire. Dans ce journal graphique, l’artiste protéiforme livre ses observations et hallucinations.

Une réflexion que Philippe Katerine poursuit avec Comme un ananas. L’exposition commence par une série de diptyques où des personnalités politiques sont mises en scène. Dans ces tranches de vie absurdes, les sujets disparaissent. Les détails réapparaissent dans la salle suivante pour former un tout. «Mon idée c’est une sculpture ou les objets de couleurs vives, dans un bassin rempli d’un liquide noir, se régénèrent comme font les fontaines», explique Philippe Katerine.

A la porte suivante, on retrouve les mêmes objets qui, racontés sur des post-it, forment une histoire. «C’est un monde diffracté mais aucun des éléments qui le constitue est indépendant de l’autre.»

L’exposition s’achève sur une série d’aquarelles réalisées par l’artiste lors de balades dans son quartier. S’il y habite, Philippe Katerine n’aime pas le 16e arrondissement et le fait savoir à travers des peintures où le détail prend toute son importance. Comme un ananas est à l’image de son créateur: absurde et poétique.

  2:15 am  |   avril 21 2012  

Traces d’un passage au journal Libération #2 

CRITIQUE | 11 avril 2012

Un oeil nouveau sur les petites annonces

Par MORGANE LE CAM

Le photographe sud-africain Dale Yudelman met en scène ces petits bouts de papiers et nous réapprend à les regarder.

Exposition «I am», galerie Kijk à Paris. A chaque petite annonce, le photographe associe une image en rapport avec la demande. - @ Dale Yudelman

Ils s’appellent Jerry, Kainos ou Kennedy. Ils viennent du Zimbabwe et du Malawi pour la plupart. Ils ont fui la précarité de leur pays et migré dans une Afrique du Sud démocratique depuis peu. Ils ont imaginé ce pays en eldorado, mais n’y ont rien trouvé de plus que chez eux. C’est la situation de ces immigrés en quête d’emploi que raconte Dale Yudelman à travers une série de photographies de petites annonces exposées à la galerie Kijk.

Né à Johannesburg, l’artiste débute sa carrière photographique en 1979. Il travaille pour un des principaux journaux de la presse quotidienne régionale, The Star Newspaper. Après avoir habité Londres puis Los Angeles, Dale Yudelman retourne en Afrique du Sud et multiplie les projets. En 2007, il pointe du doigt le problème de l’emploi chez les immigrés et commence à photographier leurs petites annonces. C’est ce travail, intitulé «I am…», qu’a choisi d’exposer la galerie Kijk.

L’image importe autant que les mots. Chaque photographie de petite annonce est accompagnée d’un cliché noir et Blanc. Des images sombres, une lumière toujours travaillée et des détails qui apportent une touche d’humour et de tristesse aux recherches d’emploi. Chaque titre rappelle le prénom de l’individu et son numéro de téléphone. Histoire de rapprocher les visiteurs, le temps d’une exposition, de ces personnes aux petites annonces devant lesquelles on passe mais ne s’arrête jamais.

GALERIE KIJK, 10 rue des Jardins Saint-Paul, 75004 (01 57 40 60 05). Jusqu’au 18 avril

  2:05 pm  |   avril 20 2012  

Traces d’un passage au journal Libération #1

3 semaines de stage à Next Libération, quelques articles publiés et plein de choses dans la tête ! 


2 avril 2012

Iggy Pop reprend Joe Dassin et Henri Salvador

Par MORGANE LE CAM

Iggy Pop sur la scène du Hellfest, le 17 juin 2011 à Clisson. - © AFP Frank Perry

Insaisissable Iguane. Trois ans après avoir sorti Préliminaires, album de teinte essentiellement jazzy inspiré par le roman La Possibilité d’une île de Michel Houellebecq (lire la rencontre ici), Iggy Pop s’apprête à signer un nouvel album de dix reprises de standards de la musique internationale. Et si tu n’existait pas, de Joe Dassin, et Syracuse, de Henri Salvador, compteront parmi les dix titres de ce Après dont la sortie est annoncée pour le 14 mai.

Autre originalité du projet du chanteur américain: l’album sera uniquement en vente via vente-privée.com. Les 15 millions de membres du site répartis dans huit pays européens pourront acheter le disque à un prix défiant toute concurrence (7 euros).

En choisissant comme partenaire exclusif un site internet, Iggy Pop a souhaité se passer des réseaux classiques de distribution.«Et cet album n’est pas ce que les maisons de disques attendent de moi, avoue l’artiste. Je suis ici en terrain inconnu, comme invité chez quelqu’un.»

Le site affichant une moyenne de 2,5 millions de visiteurs uniques par jour, l’opération pourrait s’avérer rentable pour les deux parties.

Outre Dassin et Salvador, le chanteur mythique des Stooges se fait paraît-il crooner pour reprendre des classiques d’Edith Piaf (La Vie en rose), Serge Gainsbourg (La Javanaise), et Georges Brassens (Les Passantes).

L’icône rock n’en oublie pas pour autant sa langue maternelle:«Les titres anglophones, qui évoquent les tourments de l’amour, sont des standards que j’ai voulu interpréter toute ma vie.» Les Beatles (Michelle), Yoko Ono (I’m Going Away Smiling), Frank Sinatra (Only The Lonely), Harry Nilsson (Everybody Talking) et Cole Porter (What Is This Thing Called Love) ont ainsi les honneurs de ce Après, avec lequel son auteur a souhaité «aller vers quelque chose de totalement nouveau musicalement parlant».

  4:45 am  |   avril 20 2012  

Témoin hybride

Le Musée d’art Moderne accueille l’installation d’Eko Nugroho. Jusqu’au 10 juin, l’artiste indonésien invite le public à s’interroger sur son identité et sa relation au territoire.

Eko Nugroho n’a rien épargné de la salle 17 des collections permanentes. Murs, sol et plafond sont recouverts d’une peinture murale qui, peuplée de monstres hybrides sans visages, plonge le visiteur au fin fond d’un univers fantasmagorique. «Témoin hybride» résulte de cinq mois de résidence de l’artiste à Paris. A travers cette installation, l’artiste indonésien exprime et peint sa vision de la ville. Grève et revendications, ces savoirs faire made in France reconnus à travers le monde, n’ont pas échappé à l’Indonésien. Entre peintures et broderies, des inscriptions telles que «La politique se nourrit des restes», «Mets le feu à la rue» ou «j’aime la grève» donnent à l’installation d’Eko Nugroho sa touche politique.

Plongés dans cet univers, les regards des monstres (ou adolescents?) oscillent entre inquiétude et ironie. La multiplicité des identités est une des lignes directrices de l’oeuvre d’Eko Nugroho. Les étranges personnages de l’installation, paires d’yeux habillées de costumes fantastiques, confrontent le visiteur à sa polypolarité. Sous leurs masques comme sous les nôtres, se devinent des préoccupations bien moins fantaisistes.

L’art mêle. Tel est le crédo d’Eko Nugroho. La toile de fond de «Témoin hybride» mêle enjeux politiques et réflexions intimes, contre-culture et techniques traditionnelles. Si l’art de l’Indonésien est profondément ancré dans la rue et son univers, on y retrouve un certain traditionalisme. Batik et broderie construisent les monstres qui paraissent tout droit sortis d’un manga. Toiles, sculptures et mini-films décalés s’ajoutent aux monstres désarticulés. Le résultat est dans le titre: une exposition «hybride». 

  12:38 pm  |   avril 18 2012   |  1 note  

1 2 3 Suivant
Made with ❤.